
Après quelques jours de traversée, le « Cassard » arrive en vue de l’Egypte. Au mouillage en face de Port Saïd qui marque l’embouchure du canal de Suez, il se prépare à prendre sa place dans le convoi des navires se dirigeant vers le Sud et l’océan Indien. A bord, la façon d’appréhender ce canal mythique est différente selon les âges et les plus anciens racontent aux derniers embarqués leur propre expérience et l’histoire de cette voie d’eau reliant la Méditerranée à la mer Rouge. Construit en seulement 10 ans de 1859 à 1869 sous la direction de Ferdinand de Lesseps, il a connu différentes époques et de nombreuses histoires, petites ou grandes, s’y sont déroulées. Qui se rappelle aujourd’hui qu’Hergé a donné le nom de Karaboudjan au bâtiment du capitaine Hadock en mémoire d’un navire du même nom ayant explosé puis brûlé sur le canal durant presque 3 jours en 1920 ? Chacun a aussi en tête le caractère stratégique de cette voie de navigation par où passent près de 8% du trafic mondial.

Pour tous, cette navigation est particulière. Lors de l’appareillage du mouillage d’attente, vers 01h30, la ville illuminée de Port Saïd rappelle la Méditerranée, mais au petit jour un tout autre paysage se dévoile, celui du désert.

Les treize heures de traversée passent comme les villes sur le bord de ce ruban d’eau. Après Port Saïd, se succèdent Ismaïlia, le lac Amer, lieu de croisement des convois montant et descendant, puis Port Taufiq et enfin la mer Rouge où la chaleur commence à se faire sentir. A Ismaïlia, des personnes de l’ambassade de France ont été invitées à embarquer de bonne heure pour vivre la deuxième partie de la traversée jusqu’au petit matin. Elles se montrent heureuses de retrouver des compatriotes et de pouvoir profiter de cette magie du canal. Nous serons bientôt en océan Indien but de notre déploiement.