Pourquoi tourner les pages d’un grand livre afin d’évoquer une époque vieille de plus de 50 années ?
Sans doute parce que, dans « l’équipage », les anciens sont la mémoire d’une Arme d’exception dans laquelle ils ont servi au bénéfice du Pavillon National.
U-BOOT ! (unterseeboot), navire qui va sous la mer
Dénomination passée dans le langage commun pour évoquer tous les « loups gris » de la Kriegsmarine.
En 1943, dès sa production, le type XXI surpassait alors tout ce qui s’était fait en matière de technologie dans l’arme sous marine Allemande.
Ce squale d’acier ; summum technologique qui étonna les alliés lors de la reddition Allemande de 1945 ; préfigurait déjà le sous marin de l’avenir.
Avec le type XXI nous quittions l’époque du « submersible » pour entrer dans celle du « sous marin »
Vocation à la navigation en plongée totale ; à long rayon d’action ; arme redoutable, silencieuse et furtive.
Ce type de loup gris arriva trop tard dans le conflit pour faire basculer le cours de l’histoire, du fait de la désorganisation des moyens de production due aux bombardements intensifs des armées Alliées.
Par contre, l’avancée technologique était telle que le type XXI servit de base de conception aux belligérants pour les besoins de développement de leurs flottes sous marines.
Dans La Royale ; les unités du programme d’alors ; type Narval, océaniques de 1500 tonnes ; furent largement inspirées du type XXI.
Du concept issu du savoir de l’ingénieur Merkel ; sous l’impulsion du grand amiral Dônitz ; il fallut organiser un nouveau type de production : fabrication à l’intérieur des terres des 8 tronçons constituants l’ensemble du sous marin ; prés équipés ;puis acheminement par voie ferroviaire aux chantiers du littoral ; Blohm-Voss ; etc…où avaient lieu l’assemblage final et le lancement.
Objectifs de production ! réduire à 300.000 heures au lieu de 400.000 pour les productions antérieures ; types VII et IX ; les temps de réalisation.
Cadencement estimé : 15 unités/mois.
Les difficultés de mise au point, jointes à la pression de plus en plus forte des bombardements, contrarièrent énormément la mise en œuvre !
A la reddition de 1945, une cinquantaine de type XXI étaient déjà en service.
Le reste des en-cours fut sabordé sur cale, à des degrés divers d’achèvement, les éléments achevés furent saisis pour évaluation avant destruction.
Les cadences infernales imposées par l’effort de guerre pour produire « dans les temps » ces engins révolutionnaires furent vécues par le personnel des chantiers « comme un enfer ! »
Il reste 1 survivant des types XXI ! Exposé à Bremerhaven au musée des sciences ! L’U-2540 « Wilhelm BAUER « a flot. Sabordé par la Kriegsmarine en 1945, resté 12 ans au fond, il fut relevé , et remis en service après restauration complète dans sa livrée d’origine.

Photo du U-2540 ” Wilhelm BAUER “
Pour mieux comprendre ce qu’était le type XXI quelques données techniques ; un peu arides, j’en conviens ; sont nécessaires.
Sous marin transocéanique à très long rayon d’action (côtes américaines…), capable de rester plus de 15 jours sur les thèatres d’opération.
Autonomie : 90 jours.
Tonnage : 1650/1850 tonnes. Flottabilité réduite : 12%. Prise de plongée :- de 25 secondes.
Vitesse de croisière : 13 nœuds/surface, 7 nœuds immersion Schnorchell.
Vitesse possible en plongée : 15 à 16 nœuds.
Moteurs électriques principaux de 2000 CV, plus puissants que les Diésels. Moteurs électriques de croisière totalement silencieux .
Batteries à éléments légers de grande capacité autorisant 16 nœuds pendant 1 heure ou 3 jours d’autonomie en marche silencieuse à 4 ou 5 nœuds.
Immersion pratique : 135 mètres. Immersion maxi : 300 mètres.
La coque épaisse était formée de 2 lobes circulaires inégaux en diamètre, superposés. (coque en huit.)
La superstructure, de formes hydrodynamiques très poussées ,intégrait dans le massif d’étambot le gouvernail ainsi que les arbres d’hélices carènés dans des ailerons profilés. Les barres de plongée avant s’éclipsaient totalement.
Le kiosque à baignoire blindée, était armé de 2 tourelles doubles, canons de 30 m/m A/A.
Armement offensif : 23 torpilles ; 6 aux tubes,17 de réserve disposées sur des banches électriques de chaque bord, permettant de recharger les 6 tubes en 10 minutes.
Les « anguilles » torpilles « LUT » particulièrement redoutables du fait de leur dispositif d’affichage de trajectoires réglables à l’avance et modifiables jusqu’au moment du lancement.
On imagine les dégâts causés dans les convois par le lancement en gerbes, et l’on mesure d’autant plus le potentiel offensif des sous marins de type XXI.
Voilà a quelle classe appartenait le U-2518 ” Roland MORILLOT ” prêté a la France avec l’agrément des Alliés (sic) ! Cédé définitivement à La Royale en 1946, au sein de laquelle il fit une carrière honorable de 21 ans (1946-1967 )

Photo du ” Roland MORILLOT “ à la mer, dans sa dernière configuration

Photo du ” Roland MORILLOT “ au bassin, dans sa livrée d’origine.

Le massif d’étambot , vue d’ ensemble.
Qui n’a pas connu les grands carènages à Lorient- Keroman ne peut pas comprendre ! ceci est une autre « histoire » .
Je restais à bord 9 mois et 10 jours, effectuant avec ce bâtiment à la sortie de carènage quelques essais d’endurance à la mer qui m’ont laissés « quelques souvenirs ! « .
Ma mémoire… et les documents d’archives en ma possession m’ont permis de vous présenter ce travail, non exhaustif, et certainement entaché de lacunes ; merci d’être indulgents ; le temps s’est écoulé… (1957 ! cela fait… 53 ans ! aïe ! )

Lorient : BSM -KEROMAN, U-Boot U-67 hissé sous alvéole pour carènage.
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10 commentaires sur "Du type XXI au U-2518 “Roland MORILLOT” par Gérard CHIROT"
Très intéressant. J’ai aussi fait des recherches sur bateaux italiens. Pour exemple sûr “Corvette Classe Gabbiano” des navires très valides et beaucoup intéressant, mais, au moment, hélas seulement en langue italienne. Avant de traduire le texte nous devons apprendre bien la langue française.
Les plus grand salut à tous les amis de la Cave et un salut particulier à mon ami Monsieur BROSSELIN, que j’ai vu dans la photographie du 1992.
(pardonner mon français)
Paolo Reggiani
Paolo, ton francais est plus que remarquable. Merci pour ce petit mot et toutes mes amitiés aux marins et anciens marins italiens.
Ce genre de document est toujours très intéressant. Il est difficile de dire merci à nos ex-ennemis mais il faut reconnaître qu’ils ont donné un sérieux coup de pouce pour faire progresser nos flottes sous-marines d’après guerre.
Mon père a fait partie des premiers embarqués sur le Roland-Morillot en 1946 sur lequel il a effectué deux périodes de 1946-48 et 1950-52. Il a aujourd’hui 88 ans mais considère que la série XXI ELEKTRO dont est issue ce sous-marin était vraiment impressionnante d’efficacité, de précision, d’autonomie et de vitesse de plongée par rapport à tout ce qui avait été fait alors.
Ce sous-marin construit à temps en nombre suffisant aurait sans aucun doute changé la donne dans la bataille de l’Atlantique et aurait pu réussir à totalement isoler l’Angleterre de ses convois en provenance des USA…
Les sous-mariniers d’après-guerre considéraient tous le Roland-Morillot comme un seigneur du grand bleu aux lignes fluides et élégantes, mais un seigneur encore quelque peu expérimental qui a souvent frôlé la catastrophe et multipliait les avaries.
Il n’en est pas moins que c’est la cellule d’un type XXI qui a servi de modèle au développement du premier sous-marin nucléaire.
Effectivement, les concepteurs et valeureux officiers de la Kriegsmarine ont fait un travail exemplaire même s’ils avaient pour seul défaut de servir la folie nazie.
mon pére a passé plusieurs années sur le morillot comme qm puis sm électricien.j’adresse a l’amicale les photos que je possède d’une escale, ou ?, quand ?.si quelqu’un se reconnait.pour situer +/- l’époque, ils ont failli couler par le blocage de la boule du schnorchell,descente arrètée a -170 mètres avec une forte pointe arrière alors que l’immersion maxi autorisée pour ce batiment était de 130 mètres.
Comme jeune Ingénieur Du Génie Maritime,à la Base de KEROMAN (Ingénieur Général STOSSKOPFF ,éxécuté par les Allemands pour faits de résisatnce ),j ai fait le grand carénage du ROLAND MORILLOT à deux reprises.Nous avons essayé d’installer la suralimentation des DIESELS avec l’aide de l ‘Etablisement D’INDRET :ces DIESELS MAN n’étaient pas assez puissants .
La plus grosse dificulté était de trouver des ouvriers riveteurs pour remonter la brèche de coque épaisse par laquele nous sortions de la coque tous les éléments des DIESELS et les MEP et MEC poir les remettre à neuf .
Il a fallu battre la campagne autour de LORIENT pour trouver les riveteurs qui étaient devenus depuis des “Pappys “,mais qui savaient encore le métier .Quand nous plongions avec les ouvriers de l Arsenal pour esseais et pendant la “plongée profonde “,je me demandais toujours si nous allions remonter .
Les Sous marins type NARVAL que j ai carénés deux fois chacun étaient des mauvaises copies des type XXI
J’ai embarqué sur le SM 2518 a ma sortie du cours de mécanicien en septembre 1947 a Toulon ,j’ai vécu sur cette unité des moments
alternés de joie et de bonheur partagés,mais également des situations dramatiques en particulier celle a laquelle fait allusion sur ce blog
Mr Le Bioa Jean pierre, j’avais 18 ans ;j’ai vécu par la suite au Viet Nam des périodes difficiles, mais ce sous marin restera pour moi a
jamais, gravé dans ma mémoire
j ai servi comme matelot sp mon poste la buenderie et de quart au bureau en 1971 et1972 je recherche des ancien de ma base merci
Je suis en train de classer les archives photos de mon beau-père qui etait reporter photographe pendant 70 ans..
Je viens de découvrir une cinquantaine de photos prisent par lui à bord du Roland Marillot sur lequel il avait embarqué en 1953 pour faire un reportage sur la vie à bord et en plongée de nos sous- mariniers.
Etes vous interessé par ces photos ?
Cordialement
Bonjour,
Je suis à la recherche de photos du ROLAND MORILLOT afin de faire une maquette naviguante,à partir d’un kit de ROBBE.Surtout les modifications apportées à la baignoire.
Merçi d’avance pour vos réponses.
Cordialement.
Michel SOLEILLANT
Membre de la section PERLE Rhone Alpes